Université de Bordeaux - Unité Mixte de Formation Continue en Santé



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Établissement Français du Sang

Présentation

Quelques chiffres de 2011 :

  • 10 sites transfusionnels ;
  • 8 centres de santé ;
  • 600 salariés ;
  • 14 000 heures de formation dispensées aux salariés ;
  • 223 331 prélèvements (tous types confondus) ;
  • 2 684 collectes mobiles organisées ;
  • 1,8 : nombre de dons moyens par donneurs ;
  • 25 395 nouveaux donneurs ;
  • 209 748 Produits Sanguins Labiles cédés à des établissements de santé ;
  • 731 donneurs de moelle osseuse non apparenté inscrits sur le registre France Greffe de Moelle ;

L'EFS Aquitaine Limousin c'est aussi :

  • 1 unité unique en France de production de plasma frais congelé viro-atténué par solvant-détergent (PFC-SD). Le PFC-SD est produit à partir de plasma des donneurs prélevés en Aquitaine-Limousin mais aussi dans les autres régions. Le process permet l’inactivation des pathogènes et la conservation des principes actifs. En plus des établissements de santé de métropole, il est utilisé dans les DOM-TOM et Monaco ;
  • 1 banque interrégionale de tissus d’origine humaine qui assure leur préparation, transformation, conservation, distribution ;
  • L’intégration du Laboratoire de recherche et développement d’ingénierie cellulaire de l’EFS AL à l’unité mixte de recherche CNRS / Université Bordeaux Segalen ;
  • Le développement d’un protocole clinique de greffe de sang placentaire après expansion ex-vivo (en étroite collaboration avec le CHU de Bordeaux) : 4 patients ont été greffés en 2010 ;
  • Une expertise reconnue : l’EFS AL est certifié ISO 9001 depuis 2006 ; les laboratoires d’immuno-hématologie clinique du site de Bordeaux et de thérapie cellulaire sont accrédités. Une harmonisation et régionalisation des procédures est en cours, en vue de l’accréditation cofrac de tous les laboratoires d’IHC, selon la norme 15189.

La fiabilité et la qualité des analyses sont garanties par la mise en place obligatoire de l’accréditation.

Les deux grandes indications thérapeutiques des produits sanguins labiles

Les maladies du sang et les cancers

Cancer (dont les leucémies et les lymphomes)

Le traitement des cancers par chimiothérapie entraîne la destruction des cellules de la moelle osseuse.

Pour pallier ces effets toxiques, on a recours à d’importantes transfusions de plaquettes et de globules rouges.

Thalassémie

Cette maladie héréditaire se traduit, dans sa forme grave, par une anémie nécessitant des transfusions tout au long de la vie.

Drépanocytose

Maladie génétique, la drépanocytose touche un nouveau-né sur 6 000. Elle se caractérise par la présence de globules rouges en forme de faucille qui sont fragiles, se détruisent rapidement et, en encombrant les vaisseaux, entraînent des crises vasculo-occlusives. Le sang de ces malades doit être renouvelé à intervalles réguliers.

Les hémorragies

L’obstétrique

Au cours d’un accouchement, une hémorragie peut survenir, entraînant un besoin extrêmement urgent et important de produits sanguins. Ceux-ci doivent être disponibles en moins d’une demi-heure, ce qui est déterminant dans l’implantation des dépôts de sang et des maternités.

Les interventions chirurgicales

Lors d’une opération chirurgicale ou après un accident (traumatologie), une hémorragie peut survenir. Il faut alors procéder à une transfusion de globules rouges. Il peut s’agir d’une intervention prévue ou d’une urgence. Dans ce cas, lorsque le malade a perdu une grande quantité de sang, il est parfois nécessaire de transfuser des plaquettes pour faciliter la coagulation et arrêter le saignement. S’il s’agit de grands brûlés, une transfusion de plasma doit être pratiquée.

Les centres de santé de l'EFS pour des soins de proximité

L’EFS dispose de 92 centres de santé, dont une vingtaine comporte une offre de soins variés, très étroitement liés aux CHU et s’appuyant sur une compétence en aphérèse thérapeutique. Une soixantaine d’entre eux réalise principalement des saignées.

L’EFS Aquitaine-Limousin dispose de 8 centres de santé.

La saignée thérapeutique : un geste indispensable

Il s’agit d’un acte de soins aux indications bien codifiées, en particulier dans le cadre des hémochromatoses génétiques. L’EFS pratique environ 70 000 saignées thérapeutiques par an dans ses centres de santé (CDS).

Ceci représente environ 50 % des saignées effectuées en France, sans que l’on dispose pour autant de chiffres nationaux. Cette activité connaît une forte dynamique ( 6 % par an en moyenne depuis cinq ans), grâce à un dépistage et à un diagnostic facilité et plus systématique.

La prise en charge des patients dans l’environnement médicalisé et sécurisé de l’EFS améliore leur qualité de vie et facilite cette prise en charge. Par ailleurs, un certain nombre de saignées peuvent être transformées en don de sang, lorsque les patients présentent un bon état général et une absence de contre-indications.

On estime que 20 à 30 % des saignées pourraient ainsi être réorientées vers le don de sang.

Les actes d’aphérèse

L’EFS réalise environ 11 000 aphérèses thérapeutiques, soit environ la moitié des actes réalisés en France. L’EFS est ainsi le premier centre d’aphérèse thérapeutique.

Ceci concerne en premier lieu les prélèvements de cellules souches hématopoïétiques, dont 60 % sont réalisés par l’EFS, en lien étroit avec les unités de thérapie cellulaire de l’établissement. Ce lien garantit une prise en charge optimisée des patients, grâce aux échanges de proximité entre les protagonistes. L’EFS souhaite promouvoir ce modèle, dans lequel toutes les actions allant du donneur au receveur sont prises en charge par le même acteur.

Les échanges érythrocytaires et les érythraphérèses mettent en valeur la collaboration avec les équipes de cliniciens et le savoir-faire des équipes de l’EFS dans le domaine du traitement transfusionnel des patients atteints de drépanocytose. Ces techniques permettent de soustraire aux patients leurs seuls globules rouges et de les remplacer par des concentrés de globules rouges (CGR), alors que la technique encore largement utilisée consiste à soustraire le sang total des patients pour le remplacer par des CGR.

Les autres actes d’aphérèse (photochimiothérapie, échanges plasmatiques…), réalisés sur les mêmes machines, permettent à l’EFS de disposer d’une masse critique garantissant une prestation de qualité, sécurisée, professionnelle et efficiente.

Les transfusions ambulatoires

Les transfusions ambulatoires sont mises en œuvre, le plus souvent, pour libérer des places d’hôpital de jour, destinées à des soins plus lourds (chimiothérapies, par exemple). Cependant, de telles activités, qui ne s’inscrivent pas dans le cœur de métier de l’EFS, doivent être encadrées (programme thérapeutique défini par le spécialiste en charge du patient, réalisation de la transfusion avec du personnel EFS formé et habilité).

S’ils sont réalisés dans des conditions sécurisées, ces actes permettent une prise en charge des patients plus légère que lors d’une hospitalisation.

Au sein de la maternité du CHU de Bordeaux : le Centre de Prélèvements Sanguins de l'EFS

Le pôle de gynécologie-obstétrique-reproduction du groupe hospitalier Pellegrin du CHU de Bordeaux et l’Etablissement Français du Sang Aquitaine-Limousin (EFS) ont associé leurs compétences au service des patientes en gynécologie et des futures mamans.

L’EFS a ouvert depuis le 1er juin 2010 un centre de prélèvements sanguins au sein de la maternité de l’hôpital Pellegrin (1er sous-sol).

Deux infirmières accueillent les patientes du lundi au jeudi 9h30 à 18h, et le vendredi de 9h30 à 13h.

Le centre est indiqué par de grandes flèches jaunes, facilement repérables.

Toutes les patientes auxquelles un gynécologue ou un obstétricien a prescrit des analyses sanguines peuvent se présenter au centre de prélèvement de l’EFS, à la suite de leur consultation médicale.

Quels bénéfices ?

Pour les patientes : il s’agit de simplifier les démarches en leur proposant une offre de soins complète en un même lieu ; mais aussi de leur faire gagner du temps puisqu’elles n’ont pas à revenir ou à se rendre dans un autre laboratoire.

Pour les professionnels de santé : les analyses de leurs patientes leur parviennent plus rapidement. D’autre part, elles sont immédiatement intégrées à leur dossier médical.

L'Etablissement Français du Sang : acteur majeur du réseau français de sang placentaire

En complément de ses activités classiques de transfusion, l’EFS a développé des activités thérapeutiques et de recherche fondamentale et appliquée dans plusieurs domaines : le sang placentaire par exemple.

Actuellement, il existe 10 banques publiques de sang placentaire : 6 sont gérées par l’EFS : à Bordeaux, Besançon, Créteil, Lyon-Grenoble, Rennes et Lille, une par une par un centre anticancéreux (Marseille), et 3 par des centres Hospitaliers universitaires (Paris-Saint Louis, Poitiers, Montpellier).

L’Etablissement Français du Sang Aquitaine-Limousin dispose depuis 1997 d’une banque publique de sang placentaire : il réceptionne les unités de sang placentaire prélevées, les prépare, les stocke puis les met à disposition des malades du monde entier.

Qu'est-ce que le sang placentaire ?

Le sang placentaire (SP) est le sang issu du placenta qui correspond au sang du bébé. Il est prélevé par la veine du cordon ombilical dans les minutes qui suivent l’accouchement, lorsque le cordon ombilical vient d’être coupé et que le placenta n’a pas encore été expulsé. Il est sans risque et indolore pour la maman et le bébé.

Parmi toutes les cellules de ce sang placentaire, il y a :

  1. Des cellules souches hématopoïétiques, (CSH) qui sont les « ancêtres communs » de toutes les cellules du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes). Ces cellules qui circulent dans le sang sont produites en fait par la moelle osseuse durant toute la vie ;
  2. Des lymphocytes (globules blancs) qui ont un rôle majeur dans le système immunitaire.

Injectées par voie intraveineuse chez le patient qui aura eu un traitement chimiothérapique, les cellules souches du SP vont remplacer les cellules souches du patient et produire ainsi des cellules saines; les lymphocytes du SP vont quant à eux s’attaquer aux cellules cancéreuses résiduelles.

Quel est l'intérêt thérapeutique du sang placentaire ?

Lorsque l’on n’a pas trouvé de donneur volontaire de moelle osseuse sur les registres nationaux et internationaux, la greffe de cellules souches du sang placentaire est envisagée. Cela permet, dans neuf cas sur dix, de trouver un greffon pour le patient. On augmente ainsi les chances de guérison.

Malgré son handicap de ne pas contenir une grande quantité de cellules souches, le sang placentaire est donc un greffon particulièrement intéressant, pour les raisons suivantes :

  • La probabilité de trouver un greffon compatible avec le malade est plus grande (la compatibilité dite HLA exigée pour le patient est en effet moins stricte avec un greffon provenant d’un SP qu’avec un greffon provenant d’un donneur adulte) ;
  • Les risques de GVH, qui est une maladie indésirable de la greffe, sont réduits ;
  • Le principe de conservation de greffons de sang placentaire permet une mise à disposition rapide.

Pour pallier au handicap de la richesse des cellules souches des greffons de sang placentaire, on peut greffer au même patient 2 sangs placentaires. On peut aussi augmenter le nombre de ces cellules souches en les faisant s’auto multiplier : cela s’appelle l’expansion cellulaire.

En 2010, en France on a greffé 356 unités de sangs placentaires (USP) (contre 82 en 2004 et 33 en 2000) mais seulement 86 provenaient des banques publiques françaises, 76% des greffons ont donc été importés.

La greffe de sang placentaire est particulièrement attractive dans d’autres indications que les leucémies comme les drépanocytoses (maladie des globules rouges).

Il est donc recommandé d’accroître très sensiblement et rapidement le nombre d’USP dans les banques publiques françaises pour inverser les chiffres d’importation, tout en maintenant bien sûr leurs caractéristiques de richesse qui est garante d’une qualité reconnue au niveau international.

En Aquitaine et Limousin, nous recevons les sangs placentaires des maternités suivantes :

  • CHU de Bordeaux ;
  • CHU de Limoges ;
  • CHG Mont-de-Marsan ;
  • Clinique Saint-Martin – Pessac ;
  • Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine ;
  • Polyclinique Bordeaux Rive Droite ;
  • Prochainement : CH Bayonne, CH Auch, CH Agen, Polyclinique Esquirol d’Agen.

Dans notre inter-région (Aquitaine-Limousin), plus de 50 sages-femmes sont formées au prélèvement.

Que se passe-t-il entre le prélèvement et la greffe chez le patient ?

Cuve de stockage

Les méthodes de prélèvement, transport et conservation des cellules sont cruciales.

Les techniques de prélèvement sont adaptées à la localisation des différentes sortes de cellules souches (moelle osseuse, sang placentaire ombilical, sang veineux). Le prélèvement de sang placentaire se fait par la veine ombilicale immédiatement après l’accouchement.

Le transport des cellules souches est une étape importante qui nécessite le maintien des cellules « en état de marche » pendant des périodes plus au moins longues. On conserve le sang placentaire à 4°C, lors du transport entre les maternités où il est prélevé et le laboratoire où il sera préparé. On conserve le sang placentaire à long terme à -196°C.

Le travail de laboratoire (ingénierie cellulaire) sert à obtenir des cellules à visée thérapeutique grâce à des méthodes de préparation, transformation et, parfois, d’expansion cellulaire.

Ces techniques permettent au final de délivrer au patient des cellules vivantes et actives une fois décongelées.

Nos banques publiques stockent les sangs placentaires. Lorsqu’un centre de greffe a besoin d’un sang placentaire congelé à Bordeaux, l’Agence de la Biomédecine nous avertit et nous envoyons l’unité pour la greffe.

Le don de sang placentaire

La délivrance des produits sanguins labiles (PSL) et leur sécurité

La qualité des produits sanguins labiles (PSL) relève de l’EFS. Leur délivrance doit garantir que le bon produit est transfusé au bon patient disposant de ses vrais groupes sanguins.

Pour cela, l’enregistrement correct de l’identité du patient ou sa modification (cas des urgences), tant à l’EFS qu’à l’établissement de santé (ES) ou dans les LABM, repose sur la vérification de documents d’identité, d’une saisie rigoureuse (identitovigilance) et de transferts informatiques qualifiés entre établissements.

La disponibilité et la vérification des documents conformes de groupage (2 déterminations de groupe ABO-RHD et de phénotype RH-KEL) et de RAI (moins de 3 jours) dans les dossiers des patients permettent d’établir les compatibilités transfusionnelles entre patients et PSL.

La fourniture de ces documents, les tubes, les transferts informatiques des résultats d’immuno-hématologie et la conformité de l’ordonnance sont indispensables à la vérification de la concordance entre le malade présent dans le lit de l’ES et celui sélectionné au niveau de la délivrance (souvent l’EFS mais parfois le dépôt de PSL de l’ES).

Ainsi, la compatibilité entre PSL et patient peut être sécurisée informatiquement pour éviter tout risque transfusionnel, encore renforcée par la réalisation délivrance / IH sur un même site. Enfin, le retrait des PSL, leur transport et la vérification à réception dans le service puis au lit du patient sont les derniers remparts pour lutter contre la dégradation des PSL ou l’erreur d’attribution.

Tous ces éléments, extrêmement astreignants, passent par une compréhension et une coordination mutuelle de l’EFS, des ES et des LABM, et seul un dialogue constructif peut permettre d’aboutir à l’unique but qui est la sécurité transfusionnelle du patient.

Des formations pour gérer les dépôts

L’arrêté du 3 décembre 2007, précisant les qualifications de certains personnels des dépôts de sang, a imposé des validations d’enseignement à de nombreux salariés. Pour répondre à cette demande massive, l’EFS Aquitaine-Limousin a augmenté le nombre de formations obligatoires de 35 heures relatives à la gestion des dépôts de sang. Ainsi, alors qu’en 2007 et 2008, l’EFS Aquitaine-Limousin organisait une session par an pour moins de 20 personnes, trois furent mises à disposition en 2009 pour former 65 personnes et cinq en 2010 pour 110 personnes.